Accueil > Nos actions > Journal de Bord des Opérations > Vacances Scientifiques > Sur les traces du Lynx > sur les traces du lynx des Balkans - Du 13 au 24 Août
Le Journal de Bord
Jour 1
Introduction de la mission
Visite de podgarica
Restaurant
Il y a le texte de Gaël et Émile sur mon ordi, à voir dans quelle mesure il est exploitable !
14 Août
Le trajet en bus a conduit le groupe jusqu’à Plav pour arriver dans le Parc National de Prokletije où un repas a été pris chez Ermina avant de partir à la découverte des montagnes et du panorama environnant.
Les participant.es ont ensuite été divisés en deux groupes :
Groupe avec Konan : Louise, Jean-Christophe, Gaël, Adrien et Emil.
Groupe avec Léa : Juliette, Stéphane, Sabrina, Zélie et Anna.
Chaque groupe a réalisé une première randonnée d’exploration en direction d’un des plus anciens pièges photo installés dans la zone. Cette sortie a permis aux membres de commencer à apprendre la reconnaissance des empreintes et fécès de mammifères sauvages. Ont ainsi été observés : des fécès d’Hérisson d’Europe (Erinaceus europaeus), une empreinte de Renard roux (Vulpes vulpes), des traces d’alimentation d’Écureuil roux (Sciurus vulgaris) et de Cassenoix moucheté (Nucifraga caryocatactes), une crotte d’Ours brun (Ursus arctos).
Des premières explications sur l’écologie du Lynx des Balkans (Lynx lynx balcanicus) ont également été données : stratégie de chasse, organisation territoriale, régime alimentaire, habitat, etc.
Le piège photographique visité ce jour-là était toujours en place, nous l’avons donc laissé au même endroit en faisant simplement un peu de débroussaillage. Après cette activité, le retour s’est fait vers les katuns (cabanes de bergers), suivi d’un repas chaud. La soirée a été consacrée au visionnage du contenu de la carte SD et à un atelier pratique de réglage des paramètres des trois pièges photos en notre possession afin de les préparer à leurs prochaines poses.
15 Août
On rencontre officiellement Esad, notre guide pour les 3 jours qui viennent et on part en marchant en direction de plusieurs pièges photos posés l’année précédente. Les pièges sont proches les uns des autres parce que des empreintes de lynx avaient été trouvé à proximité. Nous avions donc voulu couvrir au maximum les chemins avoisinant.
Sur le chemin, différentes pauses naturalistes nous ont permis de voir quelques nouvelles espèces pour la zone d’étude tel que le Loriot d’Europe (Oriolus oriolus), l’épeire carré (Araneus quadratus) ou encore le saxifrage à feuille ronde (Saxifraga rotundifolia).
Nous contrôlons 2 pièges, les 2 autres ayant été récupéré par l’un de nos partenaires local qui nous donneras les données plus tard. Seulement l’un des 2 à des données, l’autre ayant visiblement bugué.
Sur le piège qui a bien fonctionné on voit beaucoup de passage de faune sauvage, dont 2 Loups gris (Lupus lupus), ce qui est vraiment intéressant parce qu’ils n’étaient pas connus de cette zone.
La journée continue et nous traversons un grand pierrier, ce qui est une vraie épreuve physique pour certains membres du groupe. L’idée étant de rejoindre un lac pour y pique niquer et pour y poser un nouveau piège photo.
Après la traversée et de nouvelles observations naturaliste opportunistes nous arrivons en vue du lac où nous sommes accueilli par une quantité incroyable de tritons alpestre (Ichthyosaura alpestris) et d’aeshne bleue (Aeshna cyanea) !
Après le repas, une partie du groupe reste avec Esad pour profiter des abords du lac et une autre partie retourne sur ses pas pour aller installer le piège photo.
Chaque personne présente dans le 2e groupe par en autonomie autour d’une zone intéressante pour essayer de trouver le meilleur emplacement pour le piège photo. Et c’est finalement Stéphane qui trouve une clairière encaissée avec une magnifique coulée passant devant un arbre idéal pour poser un piège photo.
L’heure tournant, nous redescendons de la montagne au pas de course, repassons rapidement chez Ermina puis continuons notre randonnée naturaliste jusqu’à nos nouveaux logements.
16 Août
Aujourd’hui nous allons nous diviser pour la journée complète afin de maximiser notre pression d’observation sur la zone d’étude. Léa va partir avec Esad et la moitié du groupe (Stéphane, Gaël, Jean-Christophe, Louise et Emil) en direction de l’Est, vers un piège photo qui n’a pas été contrôlé depuis 1an et Konan partira avec l’autre moitié du groupe (Zélie, Anna, Juliette, Adrien et Sabrina) vers l’ouest, afin de contrôler un piège photo qui a vu apparaître la 1re meute de Loups du parc de Prokletije au fur et à mesure des années.
Groupe Est avec Léa
Départ une heure après l’autre groupe pour nous, car un petit atelier nous attend ce matin : Jeu ichnologie ! Léa installe donc le jeu qui se déroulent en plusieurs manches : empreintes dessinées, empreintes réelles, fécès et crânes. Emil, Stéphane, Louise, Gaël et Jean-Christophe s’en sorte particulièrement bien avec un sans faute.
À 9h Esad nous rejoint et nous partons dans sa Jeep jusqu’au début de la randonnée. Aujourd’hui ce sera quasiment une journée 100% hors sentier ! Plusieurs traces et indices sont observées : fécès d’Ours brun, de Renard roux, empreintes de Sanglier, de Chevreuil...
Puis nous retrouvons un petit sentier qui traverse une petite rivière. Nous prenons donc le temps de chercher des empreintes. Parmi les empreintes de différents animaux, Léa en trouve une différente : ronde, les pelotes digitales en couronne, 7-8cm de long, pas de griffes, ... Elle prend le temps de nous laisser regarder en nous demandant notre avis sur l’espèce qui a pu faire cette empreinte. Le verdict tombe : un Lynx ! Des nombreuses photos sont prises et nous décidons collectivement de poser notre piège photo à cet endroit sur le chemin du retour. Nous continuons donc notre journée très heureux.ses de notre observation !
En descendant dans la vallée, une nouvelle très belle observation nous attend : des lardoirs de Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio) partout sur les fils barbelés et notamment des Dectiques verrucivores (Decticus verrucivorus) empalés sur le fil.
Une fois le piège photo retrouvé, nous nous rendons compte que sa localisation ne convient pas : le piège est remplie de vidéos de chevaux, malgré tout de même une très jolie vidéo d’un jeune Ours brun. Un nouvel emplacement est trouvé juste à côté.
Nous repartons en direction du lieu où l’empreinte de Lynx a été trouvé pour poser notre piège photo. Ça ne sera pas une pose facile car nous devons grimper très haut dans l’arbre afin de le cacher au maximum. Nous croisons les doigts pour le retrouver l’année prochaine !
Une très belle journée qui se termine donc pour le groupe avec 1000 mètres de dénivelé cumulé, des très belles observation et surtout cette empreinte avec le piège photo posé.
Groupe Ouest avec Konan
Départ à 8h de nos katuns après un petit déjeuné bien copieux, on commence par 50m de dénivelé négatif puis nous quittons les chemins tracés pour grimper un flanc de montagne. Nous allons devoir faire 400m de dénivelés positif en hors piste pour rejoindre un col qui nous amènera progressivement au piège photo.
Nous profitons de la montée pour identifier quelques papillons, des plantes (Carline acaule,....) et des oiseaux (traquet motteux, Pic epeiche, tarier des prés, pie-grieche écorcheur....) . Cette matinée est pauvre en traces de mammifères sauvage mais cela s’explique par la forte présence de pâturage dans les environs. Les pauses régulières nous permettent d’aborder des sujets naturalistes divers comme la différence entre les criquets et les sauterelles, la différence entre les Rhopalocères (papillons de jour) et Hétérocères (papillon de nuit) ainsi que les méthodes pour faire de la prospection reptiles.
Une des observation nous a particulièrement marqué puisque nous avons eu la chance de voir un Faucon hobereau (Falco subbuteo) pourchasser et harceler Une Buse variable (Buteo buteo) pendant plusieurs minutes !
Notre arrivée au sommet est récompensé par la découverte de 4 crottes de loup magnifiques ! Avec de gros éclats d’os et une taille conséquente, il n’y a pas de place pour le moindre doute. Cette découverte a été permise grâce à une technique de déplacement optimisée : plutôt que de se suivre sur le sentier, nous nous sommes étalé le plus possible pour avancer. Cette façons de se déplacer nous a aussi permis de réaliser que les loups s’écartent du chemin pour faire leurs besoins, contrairement au renard qui fait bien en évidence au milieu du chemin. En continuant vers le col, nous tombons aussi sur des crottes d’ours : c’est décidément très occupé par ici !
En rentrant dans les bois nous entendons un cri de tetra femelle puis apercevons des gélinottes des bois. Avant d’arriver au piège nous dégustons sur le chemin quantités tes de myrtilles et de framboises sauvages et finissons par arriver sur le piège.
La clef ne marche pas après plusieurs efforts et nous réalisons qu’il y a deux fiches portant le même numéro de piège : petite farce ! Nous devons faire appel à la pince de Konan pour desserrer le cadenas et enfin libérer le piège. Le visionnage se révèle magique avec des scènes de jeu d’oursons et leur mère, de loups qui passent et renard et des vidéos de « martes ou fouine » : un vrai défilé, nous sommes trop contents et avons hâte de toute dépouiller le soir !
Sacré débroussaillage avec sacrifice nécessaire de plusieurs jeunes pins de macédoine (Pinus peuce) de manière à ce qu’il y ait le moins de déclenchement intempestif possible.
Après ce dur labeur nous méritons notre déjeuner sur le plus belle des terrasses : vue panoramique sur les deux vallées, terrasse déjà appréciée par nos amis les ours preuve à l’appui…
Nous repartons en silence pour débusquer les Gelinottes des bois (Tetrastes bonasia) que nous avions vu décoller a l’aller, mais sans succès avant de redescendre par le même chemin en croisant une bergère avec ses moutons à la tonte originale.
Fin de la journée avec un super jeu collaboratif d’ichnologie où nous devons associer nom, photos, empreintes dessinées et photographiées et fèces. Ce n’est pas simple mais nous atteignons le niveau 5 : très fun et très instructif. Un bon moyen de mémoriser nos nouvelles connaissances.
La journée se finit autour d’un repas local très généreux et réconfortant avant la séance visionnage tant attendue ![]()
17 Août
Ce matin l’objectif est de prélever 3 pièges photos. Nous nous séparons donc en deux groupes : un groupe avec Léa et Esad et un groupe avec Konan.
Ce sera une matinée hors sentier de chaque côté pour aller respectivement retrouver un piège photo. Des belles observations sont faites : crottes d’Ours brun, de Sanglier, de nombreux Sonneurs à ventre jaune (Bombina variegata), un Pic épeiche (Dendrocopos major).
Avec Konan le groupe prélève la carte SD du premier piège photo, quant au groupe guidé par Léa le piège photo n’est malheureusement plus présent au point gps. Nous le cherchons sans succès pendant une trentaine de minutes car au vu du terrain il aurait pu tomber sous des pierres. Nous partons donc pour rejoindre l’autre groupe au site du 3e piège photo. Arrivé.es devant le piège, c’est l’heure du pique nique puis l’on prend le temps de le contrôler et on se rend compte qu’il n’y a pas beaucoup de passage de faune. Collectivement la décision est prise de détacher le piège et trouver un nouvel endroit où le poser.
À ce moment il commence à beaucoup pleuvoir et une partie du groupe décide donc de rentrer pour se reposer et éviter la pluie. Le reste du groupe reste pour trouver où placer le piège en suivant des coulées. Enfin on trouve un endroit où tout le monde est d’accord pour dire que c’est un bon emplacement. Le piège est installé et nous partons rejoindre le gîte sous la pluie.
Grâce à la pluie beaucoup d’empreintes sont visibles ! On s’arrête donc pour prendre le temps d’identifier tous.tes ensemble ces empreintes : Blaireau d’Europe (Meles meles), Renard roux (Vulpes vulpes), Écureuil roux (Sciurus vulgaris) et une superbe empreinte de Chat forestier (Felis silvestris silvestris) !
De retour au gîte avec les pieds bien trempés, certain.es décident d’identifier les plumes trouvées pendant la randonnée, d’identifier les photos de papillons et autres insectes. En même temps, d’autres participant.es décident de profiter d’une petite bibliothèque sur le Lynx des Balkans mise à disposition par Konan et Léa.
Une fois cette pause bien méritée finie, il est l’heure d’aller manger pour finir cette journée en beauté !
18 Août
Lever matinal pour faire une sortie mammifère et oiseau en 2 groupes différents
Sortie mammifères avec Léa
Avec Juliette, Stéphane, Sabrina, Zélie et Anna nous partons pour une balade matinale. Sur le chemin, nous trouvons une coulée et la suivons jusqu’à des pierres retournées qui nous indique la présence d’Ours brun. Diverses empreintes sont trouvées : Chevreuil, Sanglier, des traces d’alimentation de Cassenoix moucheté et Écureuil roux. Très discrètement nous nous avançons jusqu’à une trouée dans la forêt et nous nous asseyons plusieurs minutes pour simplement écouter. De nombreuses espèces d’oiseaux sont entendues : Rougequeue noir (Phoenicurus ochruros), Bergeronnette grise (Motacilla alba), Grimpereau des bois (Certhia familiaris), Mésange huppée Lophophanes cristatus), Mésange noire (Periparus ater), Roitelet triple-bandeau (Regulus ignicapilla), ... Léa nous donne des astuces pour mémoriser des chants comme par exemple celui de la Mésange huppée et du Rougequeue noir. Notre sortie mammifère s’est finalement transformée en sortie oiseau !
Après un transfert progressif, le groupe est arrivé à Rožaje, où il a fait la connaissance d’Ensar, le nouveau guide. Avant de poursuivre, un arrêt a permis de faire des courses avant de partir au refuge.
La route vers le refuge se fait avec un gros camion de l’armée. Deux parties distinctes du groupe se feront remarquer : une partie s’amuse et rigole tout le long du trajet, l’autre partie aura un peu le mal du transport et restera donc concentrée sur la route.
L’arrivée sur le site de Grope a marqué un moment fort : le lieu, particulièrement beau, a immédiatement séduit l’ensemble des participant.es. Une petite balade de deux heures s’ensuit avec des observations nouvelles : des Becs croisés des sapins (Loxia curvirostra), un Bouvreuil pivoine (Pyrrhula pyrrhula), des Tariers des prés (Saxicola rubetra). Elle avait pour objectif d’effectuer une première lecture de paysage et de comprendre l’implantation des pièges photographiques qui seront contrôlés dans les jours à venir.
Au cours de cette sortie, Konan trouve une Vipère péliade cachée sous un rocher. Les participant.es apprennent comment faire la distinction entre une Vipère et d’autres serpents. Léa découvre ensuite un crottier de Gélinotte des bois qu’elle fait identifier aux participant.es à l’aide d’un bouquin. Malgré la présence de brouillard, il a tout de même été possible d’apercevoir certains sommets et de deviner l’itinéraire prévu pour les prochaines journées.
Le groupe pendant cette sortie s’est aussi investi d’une mission en parallèle : ramasser des myrtilles pour nous cuisiner une tarte.
Nous faisons ensuite à manger tous ensemble et passons notre première soirée et nuit dans ce magnifique refuge.
19 Août
Certains participants se sont levés avec le soleil (et les 36 réveils de Jean-Christophe) pour profiter du petit matin afin d’essayer d’observer plusieurs espèces différentes.
Au petit déjeuner nous avons pu manger notre délicieuse tarte aux fruits des bois (cueillis avec amour par nos soins).
Nous avons commencé la journée avec une exploration d’une tanière d’ours connue comme un lieu d’hivernation. Sur le chemin nous avons trouvé des crottes de Grands tétras (Tetrao urogallus) et des participants agiles ont réussi à attraper des Lézards vivipares (Zootoca vivipara), un juvénile et un adulte. Dans la tanière nous avons trouvé plusieurs fèces de Chauves-souris ainsi qu’une crotte de Loup (mais pas d’Ours snif).
Aux abords de la tanière nous avons, lors de l’exploration, découvert 2 empreintes de Chat forestier (Felis silvestris silvestris) (merci Louise parce qu’elles étaient vraiment bien cachées). De plus, l’analyse des espèces végétales a démontré la présence de Myosotis sp, d’Aconit tue-loup (Aconitum vulparia) et de Saxifrage à feuilles rondes (Saxifraga rotundifolia). Nous avons ensuite suivi la falaise du cirque entourant le refuge. Dans un pierrier où nous avons trouvé beaucoup d’Edelweiss (Leontopodium alpinum) et on a observé un Tichodrome échelette (Tichodroma muraria).
Nous avons vu au loin 2 Chamois des Balkans (Rupicapra rupicapra balcanica). Sur le chemin jusqu’au premier piège, nous avons vu plusieurs rapaces dont 2 Éperviers d’Europe chassant un Faucon crécerelle. De plus, nous avons pu observer plusieurs papillons Grand apollon (nom latin) ainsi qu’une Petite tortue.
ICI LEA-------------------------------------
Le piège a été volé donc nous sommes partis chercher le second. Konan nous a montré lors d’une de poses de la fin de journée la grande boucle prévue pour le lendemain. Sur le chemin, nous avons observé des crottes de Chat forestier. Nous avons continué nos observations de papillons avec un Cuivré de la Verge d’or et une chenille (morte) de Bombyx du chênes (nom Latin) avons également trouvé un Orvet fragile (nom Latin) (mort sur le chemin... ) et une Chrisomèle sombre (Nom Latin) . Arrivée au second piège, nous avons décidé de le déplacer (voir jour 8) car pas assez de passage et trop de déclenchements parasites. En remontant au refuge, nous avons pu voir un geotruffe des bois (Nom latin) et une araignée Micrommata (nom latin) . Le soir, nous avons fait le petit débrief journalier avec la programmation du lendemain et on a écrit ce merveilleux journal de bord. Konan et Léa se sont occupés du repas (on n’a pas encore goûté à l’heure actuelle mais ça sent bon).
20 Août
La journée a été consacrée à une grande randonnée sur la crête de l’Hajla. Nous avons réalisé environ 1000 mètres de dénivelé, avec une vue dégagée sur la réserve. Depuis les sommets, il était possible d’observer à la fois les montagnes du Kosovo d’un côté et les reliefs du Monténégro de l’autre. La frontière étant sur la crête, nous avons même marché quelques heures du côté kosovar. Nous avons observé une nouvelle espèce d’oiseau : plusieurs Accenteurs alpins qui volaient et se posaient devant nous sur les rochers.
Tout au long de la traversée, nous avions les filets en main et plusieurs espèces de papillons ont été identifié : Moiré fontinal, Grand nacré, Souci, Petite Tortue, Belle-Dame.
Un contrôle rapide du piège photo installé sur la crête a montré peu de résultats. Nous avons donc pris la décision de prendre le piège avec nous et de le replacer plus tard. Dans une plaine traversée ensuite, de nombreuses crottes d’Ours brun et des pierres retournées ont été repérées, mais l’endroit ne convenait pas pour poser un piège. Une pause a alors permis au groupe de se reposer pendant que Léa et Konan sont partis explorer une pente hors sentier qui semblait prometteuse pour installer le matériel. Ensemble l’on décida de placer le piège photo en hors sentier sur un Épicéa, la tâche était longue car il y avait beaucoup de débroussaillage à faire. Une fois le piège posé il nous restait encore les 500m de dénivelé négatif puis positif pour rentrer au gîte.
Sur cette descente, un Pic noir a été entendu puis observé ! Plus bas, à environ 500 m de dénivelé de l’arrivée, Léa a trouvé une crotte de Loup sur le sentier. Elle contenait de gros fragments d’os et beaucoup de poils.
À l’arrivée au gîte, le feu était déjà prêt. La fin de journée a été consacrée au repos, à la préparation du repas et à un court débriefing, car l’ensemble des participant.es était fatigué après cette journée particulièrement intense.
21 Août
Aujourd’hui départ vers Stedim tout en faisant un contrôle de 3 pièges et une pause de 2 pièges.
Ce matin là nous nous réveillons tôt pour faire nos sacs, petit déjeuner et laver le gîte de Grope avant de partir en direction de Stedim. Pendant ce temps nos affaires sont transportées en 4x4 jusqu’au gîte de Stedim.
Nous partons donc pour une belle randonnée avec le soleil. Sur les trois pièges à prélever, l’un deux a malheureusement été volé, le second est présent et le troisième a subi une tentative de vol. On décide donc de déplacer le troisième. Nous posons ensuite nos deux nouveaux pièges photos à des endroits stratégiques.
Plusieurs observations sont faites : cri du Pic noir, empreinte de Chevreuil, galle du Cynips (une toute petite guêpe) sur un Églantier.
Sur le chemin et par l’initiative de Stéphane qui adore la cueillette aux champignons, plusieurs sacs de Cèpes et de Girolles sont récoltées. Ensar en profite pour nous expliquer que cette activité est comme la cueillette de Myrtille sauvage pour les Monténégrins.
Grâce à notre belle récolte de champignons, nous nous cuisinons deux poêlées pour le dîner. (Photo Stéphane et Ensar avec la poêle)
22 Août
Départ le matin pour aller prélever deux pièges photos. Le temps est d’abord ensoleillé. Dans le ciel, observation simultanée d’une Buse variable, d’un Faucon crécerelle et d’un Épervier d’Europe, ce qui permet d’expliquer directement les critères d’identification en vol.
Le groupe traverse ensuite une prairie avec des maisons de berger·es. Au loin apparaissent des nuages orageux, non annoncés dans les prévisions. La décision est prise d’accélérer le rythme tout en poursuivant l’itinéraire. Sur le chemin, de nouvelles crottes de Renard roux sont observées.
Dans une trouée forestière, plusieurs pierres retournées sont repérées, ainsi qu’une crotte de grande taille d’un Ours brun. La taille des pierres déplacées laisse imaginer la puissance de l’animal et sa taille. Le sol est rendu glissant par les pluies de la nuit, ce qui ralentit un peu la progression vers le premier piège photo.
Alors que l’orage se rapproche, la pluie commence à tomber. Après avoir enfilé les imperméables, le groupe parvient à atteindre le premier piège et à le récupérer rapidement. Presque aussitôt, une forte averse accompagnée de grêle s’abat. L’on décide alors de rester sous le couvert forestier pour s’abriter en attendant la fin du déluge.
Le deuxième piège, situé dans la direction de l’orage, n’est pas prélevé immédiatement et son contrôle est reporté plus tard dans la journée. La descente, rendue compliquée par le terrain glissant, a donné lieu à plusieurs techniques improvisées : chacun a trouvé sa propre façon d’éviter de tomber, ce qui a rendu la scène assez drôle malgré la boue.
De retour au gîte, mission de préparation d’un feu pour se réchauffer et sécher toutes nos affaires trempées. Du thé est préparé, un peu de repos et tout le groupe décide de continuer l’analyse des pièges photos une fois bien réchauffé.
Sortie nocturne pour aller prélever la carte SD du deuxième piège photo. À compléter pour le soir Konan
Pendant ce temps, le groupe étant resté au gîte s’est bien occupé : analyse des pièges photos, repas du soir, préparation du repas du lendemain midi. Sabrina et Juliette nous on concocté un super plat local. Une fois le retour du groupe parti prélevé le piège, nous profitons de ce dernier moment tous ensemble dans le gîte de Stedim.
23 Août
Réveil à 4h du matin pour 5 courageux.ses : Jean-Christophe, Gaël, Stéphane, Zélie, Anna et Ensar. Léa les emmène en affut matinal afin d’aller se poster pour espérer voir des animaux. À 4h20 nous sommes tous.tes équipé.es et partons avec nos frontales dans la nuit pour environ 40 minutes de marche. La marche d’approche se fait dans la discrétion afin de ne pas alerter la faune de notre présence. Une fois sur le lieu repéré, nous décidons collectivement du meilleur lieu d’affut : un petit promontoire rocailleux qui nous offre une belle vue ouverte sur un sentier sur lequel le jour précédent une crotte d’Ours brun et des pierres retournées ont été observé. Sur ce petit promontoire qui nous offrira abri et discrétion, un nouvel indice : un énorme rocher retourné qui nous laisse imaginer la taille imposante de cet Ours brun.
Maintenant tous posté.es sur notre lieu d’affût, un point est fait sur quelle attitude adoptée en cas d’approche d’animaux et selon l’espèce. Ensuite une seule règle : trouver une position confortable afin de ne pas bouger pendant l’heure qui suit. Le soleil se levant peu à peu, les oiseaux se mettent à chanter : Roitelet huppé et triple bandeau, Pouillot véloce, Pic noir, Bouvreuil pivoine, Cassenoix moucheté... Une vingtaine d’espèces sera identifiée au chant. Après une heure d’affût, Léa décide d’arrêter là car nous avons une mission : trouver un emplacement pour un piège photo. Mais avant cela nous faisons un tour des espèces d’oiseaux entendus, quels sont les différents manières pour faire un affût et nous apprenons les différentes attitudes à adopter en cas de rencontre avec un Ours brun dans divers cas de figure.
Nous cherchons tous.tes ensemble un endroit où poser le piège photo mais malgré nos recherches aucun lieu ne nous satisfait. Ensar nous indique que beaucoup de chasseurs sont présents ici et puisqu’il ne nous est pas possible de le cacher correctement nous préférons reporter sa pose.
En redescendant de l’affût pour retourner au gîte nous nous apprêtons à faire des observations naturalistes incroyables. Trois Gélinottes des bois s’envolent juste devant nous et en nous arrêtant pour les observer un bruit attire notre attention : un Pic se nourrit sur un arbre. Après quelques secondes de recherche, nous le trouvons sur un Épicéa à peine à quelques mètres de nous : un petit Pic avec un dos blanc barré, une tête striée de noir et une calotte jaune : le Pic tridactyle ! Il s’agit d’un mâle car sa calotte est jaune. Pendant 25 minutes nous avons la chance de l’observer rechercher de la nourriture. Plein d’excitation et très heureux.ses de ces observations d’espèces difficiles à voir, nous continuons notre descente vers le gîte et croisons un Lièvre d’Europe.
Le groupe arrive au gîte, très content.es de s’être levé.es tôt !
Nous enchaînons tous ensemble sur le petit déjeuner puis le rangement des affaires. À environ 9h30 nous quittons le gîte pour rejoindre Rozaje. Deux équipes se forment : une partie vont avec Konan contrôler un piège photo et le reste vont avec Léa prendre nos tickets de bus pour Podgorica. Le piège est contrôlé, la carte SD prélevé et le groupe de Konan rejoint le groupe de Léa à Rozaje pour prendre le bus.
En attendant le bus à Rozaje, nous patientons au café et l’on croise Semir avec qui l’on prend le temps de faire bilan.
Enfin arrivé.es à Podgorica nous faisons un bilan de fin de séjour tous.tes ensemble puis partons pour notre dernier restaurant !
