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Le Projet
Petite synthèse scientifique de la première quinzaine
Au final cette quinzaine aura été très productive avec l’ascension de 4 sommets et d’un col d’altitude, la réalisation de 3 transects altitudinaux complets au Col du Pigne, au Tounô et au Meidspitz et une sortie exploratoire au Diablon des dames, sommet encore jamais réalisé dans le cadre du programme Biodiversita.
Deux protocoles habitat ont été réalisés en plus : au sommet du Diablon des dames, ainsi qu’à une station d’étude prédéfinie dans le secteur de l’Armina, au coeur du projet du séjour sur centre.
L’exploration du Diablon des dames a permis de réunir plein d’information (données opportunistes, protocole habitat au sommet, repérage des passages possibles en alpinisme et des sites de bivouacs adaptés, itinéraire futur pour un transect etc.) dans un secteur encore inconnu, nous permettant ainsi de compléter plus largement la base de données du programme Biodiversita pour le Val d’Anniviers.
Ce sont en tout 1479 données qui ont été rentrées via l’application Obsmapp, et qui sont donc consultables sur le site Observation.org (voir les liens ci-dessous). Ces données sont automatiquement partagées avec les communautés scientifiques, et en accès libre de droit. Elles alimentent la base de donnée mondiale de référence, le GBIF (Global Biodiversity Information Facility) et contribuent ainsi à améliorer les connaissances sur la faune et la flore de la Suisse au-delà du programme Biodiversita.
Parmi les observations et données importantes, on peut noter :
le site probable de nidification du Gypaète barbu au niveau du bivouac de l’alpage des Plats de la Lée,
la présence d’une sauterelle (première donnée pour le programme) : la Decticelle bariolée Roeseliana roeselii, qui ne se trouve habituellement qu’en dessous de 2000m d’altitude, et que l’on a trouvée à plus de 2300m. Ce genre d’observation permet de révéler l’influence du réchauffement climatique sur la répartition de certaines espèces.
Cette année, nous avons eu la chance de tester les toutes nouvelles mises à jour de nombreuses clés d’identification réalisées au sein du programme Biodiversita de façon participative dans le cadre de séjours précédents et/ou au sein de l’équipe encadrante. En effet, Alexis, stagiaire de master avec nous cet été, a consacré une partie de son stage au remaniement de nombreuses clés pour affiner les critères d’identification et la mise en page. Avec ces outils revalorisés, nous avons ainsi pu améliorer nos prospections et connaissances, notamment sur l’identification des zygènes, des potentilles et des petites gentianes d’altitude.
Voilà ci-dessous les liens d’accès aux listes d’espèces répertoriées lors de notre séjour :
Liste des espèces au Col du Pigne
(84 espèces dont 71 de plantes, 6 d’oiseaux, 6 de papillons, …)
Liste des espèces au Tounô
(122 espèces dont 100 de plantes, 6 d’oiseaux, 11 de papillons, …)
Liste des espèces au Diablon des dames
(131 espèces dont 109 de plantes, 8 d’oiseaux, 10 de papillons, ...)
Liste des espèces au Meidspitz
(112 espèces dont 92 de plantes, 5 d’oiseaux, 7 de papillons, ...)
Liste des observations de l’ensemble de la quinzaine
La seconde quinzaine du séjour a permis d’explorer plus de sommets avec de petits groupes dédoublés. Ce sont ainsi 6 sommets qui ont pu être étudiés, avec 5 transects centrés sur la flore (sur les sommets du Sasseneire, de la Pointe de Prélet, de la Pointe de Moiry, de l’Aiguille du Gardien et de la Pointe de la Forcletta) et un transect axé sur la faune (à la couronne de Bréona).
4 Protocoles Habitat ont également pu être réalisés.
Sur cette liste se trouve encore une fois un nouveau sommet jamais exploré auparavant avec Nature au Sommet : l’Aiguille du Gardien, nous offrant ainsi des données, deux protocoles Habitat et un transect sur une nouvelle zone.
Elle nous a permis de recenser une nouvelle aire de présence pour la Piéride du Vélar, papillon d’altitude par excellence, alors que 2 individus nous tournent autour au sommet ! C’est également sur les derniers 50m que nous trouvons des crottes de Lagopède, des sèches et des plus récentes à côté, signe d’une probable habitude de sa part. Cet oiseau est une relique glaciaire, et suivre son inexorable remontée liée au réchauffement représente un véritable enjeu à court terme.
La veille, une « tête noire », nom donné aux jeunes Gypaètes barbu de trois ans ou moins survole la zone en rasant les falaises, alors qu’en fin de semaine, c’est un adulte que nous observons avec la queue fourchue (mue en cours !). Autant de données précieuses pour le suivi de cette espèce symbole d’un programme de réintroduction internationale.
Sur le transect faune de la Couronne de Bréona, la présence de la Decticelle bariolée, Roeseliana roeselii en altitude semble confirmée par la présence d’un mâle recensé à 2600m. Elle se rapproche doucement d’une espèce bien présente cette année dans les éboulis schisteux, la Miramelle des frimas, Melanopus frigidus frigidus, une espèce de criquet d’altitude aptère.
Cette quinzaine nous aura donc permis de recenser 974 observations pour 214 espèces différentes.
On peut noter également le Bourdon montagnard (Bombus monticola), encore jamais identifié dans le cadre des séjours NAS ; le Moiré velouté (Erebia pluto), une femelle observée au col de la Bréona ou encore un Carabe dont l’identification est encore en cours, pour le moment identifié comme Orinocarabus Faimairei, un hôte des milieux acides d’altitude.
Voilà ci-dessous les liens d’accès aux listes d’espèces répertoriées lors de cette seconde 15aine :
Liste des espèces au Sasseneire
(225 espèces)
Liste des espèces à la Pointe de Prelet
(163 espèces)
Liste des espèces à la Pointe de Moiry
(124 espèces )
Liste des espèces à l’Aiguille du Gardien
(128 espèces)
Liste des espèces à la Pointe de Forcletta
(181 espèces)
Liste des espèces à la Couronne de Bréona
(109 espèces)
